vendredi 18 mai 2012

La croyance en Dieu comme mode d'être ?

Partant de l'idée que nos croyances sont autant des descriptions de la réalité que des bases pour l'action, qu'on ne peut jamais en faire de pures descriptions dénué d'aspect interactifs et contextuels parce que nous sommes toujours situé dans le monde (comme le montre notamment la résistance de la physique quantique au réalisme), on peut se demander en quelle mesure la croyance en Dieu pourrait être justifiée, comme le pensais William James, sur la base pragmatique de son efficacité. Il s'agit d'y voit non pas une représentation de ce qui existe, mais simplement une manière d'être. Ceci suit également, en un sens, l'idée de Kant qui en fait un postulat de la raison pratique.

Bien sûr une telle idée de Dieu est assez éloigné de la lecture qu'en ont beaucoup de croyant. Il s'agit d'en faire non pas une entité réelle, mais plutôt une idée directrice, une visée, notamment dans le domaine de l'éthique. Mais au fond elle n'est pas si éloignée, je pense, de la conception exclusivement spirituelle qu'en ont certains, et qui pense qu'il n'y a pas lieu de confronter science et religion, puisqu'elles ne légifèrent pas sur le même domaine.

Effectivement, si la croyance en Dieu est conçue comme un mode d'être (ce qui éclaire les affirmations suivant lesquelles "Dieu est en nous") plutôt qu'une affirmation sur l'univers phénoménal, alors on peut très bien renvoyer dos à dos les athées et les créationnistes, ou tous ceux qui, en général, ont une lecture plutôt littérale des dogmes religieux et une conception réaliste de leurs croyances. Tous deux font l'erreur de croire qu'une croyance porte nécessairement sur le vrai, sur une réalité indépendante d'eux-même, alors que ce n'est pas le cas, puisqu'une croyance est aussi, en général (pas seulement en religion), une façon d'agir, une façon d'être au monde, justement, et que ceci est vrai jusque dans les sciences.

A ceci je vois toutefois une objection. S'il est effectivement illusoire de penser pouvoir dépouiller nos représentations et croyances de tout aspect "interactif", pourquoi donc serait-il acceptable de les dépouiller de tout aspect descriptif ? Est-ce que ça ne relève pas également de l'illusion ?

2 commentaires:

thomasson a dit…

C'est une bonne réflexion.Pour moi, je sépare en fait la croyance de la foi.L'émerveillement et l'étonnement sont des "moteurs qui m'animent dans ce qui m'éveille à la connaissance.

Q a dit…

C'est aussi, effectivement, parce qu'il y a toujours un "moteur" à nos actions qu'une croyance n'est jamais une pure description de ce qui est, mais aussi une forme d'engagement.