lundi 23 novembre 2009

Les principes du communisme libéral (5/6)

5. L'action collective

Notre système n'est pas complet. Il nous faut maintenant revenir sur toutes les approximations que nous avons faites et y remédier.

D'abord nous nous sommes restreints à un seul principe de justice. Il faudrait en ajouter d'autre. En particulier on pourrait penser qu'il est juste que chacun possède un minimum de ressources lui permettant de survivre, quand bien même il ne participerait pas à l'effort collectif par le travail. On pourrait également penser que les écarts entre les rémunérations ne devrait pas être excessifs, et qu'une redistribution devrait avoir lieu, ou encore que le fait d'élever des enfants devrait être compensé d'une manière ou d'une autre.

Il est tout a fait possible de combiner tous ces principes en une seule fiscalité, en prélevant un impôt dépendant du revenu et en le redistribuant sous la forme d'une somme fixe, identique pour tous, indexée sur le prix de la subsistance. L'inconvénient d'un tel système est qu'il n'est pas fondamentalement adaptable à toute situation, et qu'il peut aboutir à des situations qu'on jugera vite injustes. Toutefois il ne faudrait pas fermer la porte à un système de répartition des richesses issu d'un consensus démocratique.

Et puis il nous faut également ajouter à ceci toutes les conditions préalables à la mise en place de ce système, ce qu'on peut regrouper sous le terme d'égalité des chances. En particulier chacun devrait pouvoir accéder à la même éducation et l'ensemble des positions de la société doivent être ouvertes à tous sans discrimination.

La seconde classe d'approximation à laquelle il nous faut remédier concerne la rémunération en tant que tel et le fait de se restreindre à la sphère économique. D'abord nous avons décrété que l'argent mesure la liberté positive, puis nous avons choisi l'offre et la demande comme méthode d'évaluation de la rémunération, c'est à dire de l'utilité (et également des projets méritant qu'on y investisse). Or ces deux points sont sujet à débat. Rien ne nous permet de penser que la loi de l'offre et de la demande puisse évaluer correctement le prix à payer pour s'offrir un service (c'est à dire que le prix corresponde réellement à la "liberté positive") ni la rémunération que l'ont puisse tirer d'un service rendu (c'est à dire que la rémunération corresponde réellement à une utilité).

Soyons plus précis encore : la loi de l'offre et de la demande est une loi basée sur l'individu. Elle est donc en échec face à ce qui est collectif. Faire une action d'utilité publique n'est pas rémunéré à sa juste valeur. Profiter d'un bien public n'a pas le prix qu'il devrait avoir. Autrement dit, supprimer la propriété privé ne permet pas de résoudre le problème que rencontre le capitalisme face aux biens communs. Parmi les actions collectives et les biens communs, citons la recherche, la culture, le lien social, l'information, l'éducation, la justice, la santé, l'assurance, l'environnement naturel ou encore les infrastructures communes de l'habitat et du commerce.

Concrètement, cela signifie que des entreprises en concurrence, quand bien même elles n'auraient pas de comptes à rendre à la finance, n'ont aucune raison de payer pour protéger l'environnement, ni de faire de la recherche fondamentale par exemple, puisque ça profitera à tout le monde, y compris à la concurrence. Une entreprise qui le ferait serait simplement défavorisée sur le marché par rapport à une qui ne le ferait pas... Il est donc nécessaire de corriger ce dysfonctionnement, en faisant payer toute utilisation d'un commun et en rémunérant toute action utile à la collectivité.

Mais qui va décider du montant de cette rémunération ? Qui donc va décider de ce qui est utile ou de ce qui coûte à la collectivité ?

Ici le choix ne peut être que démocratique, et cette action démocratique collective devrait être présente à différentes échelles géographiques ou sur différents secteurs de l'organisation économique et social. Les modalités sont multiples, mais le prélèvement au nom de la communauté ne peut pas être basé sur le don, il doit être obligatoire et ciblé. Le choix des montants comparativement à l'économie privée, de la répartition des priorités et de ce qu'il faut ou non taxer ou au contraire rémunérer, ou les projets qu'il faut financer collectivement, tout ceci ne peut être qu'un choix collectif démocratique.

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