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La possibilité d'une éthique scientifique

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Sur de nombreux sujets on voit s'opposer science ou scientisme et éthique. Par exemple en écologie : on oppose l'exploitation intensive de la nature à un "respect" qui peut faire figure de principe moral sans fondement scientifique, un "retour à la nature" illusoire, car l'agriculture n'a au fond jamais rien eu de naturel, ou une sacralisation de la vie, concept dont on peine à définir les limites. A ce moralisme sans fondement on oppose donc une rationalité dirigée vers des buts concrets, c'est à dire une éthique utilitariste. Pourtant c'est bien l'exploitation intensive de la nature, sous-tendue jadis par une logique utilitariste, qui est à l'origine des drames écologiques que nous connaissons aujourd'hui (réchauffement climatique, extinction des espèces, appauvrissement des sols, déforestation, marées vertes...). L'utilitarisme se heurte ainsi à l'objection du scientisme : il souffrirait d'une présomption exces...

Littérature et science

A priori, science et littérature n'ont rien à voir. La première vise à s'éloigner du particulier pour atteindre l'universel, à s'éloigner du subjectif pour atteindre l'objectif, faisant de chaque expérience la simple instanciation de lois intemporelles. Elle s'occupe du réel et cherche à dissoudre les illusions. Enfin son projet est descriptif, c'est à dire passif et atemporel. Au contraire la littérature (ou le cinéma, ou la bande dessinée, ...) nous plonge dans le particulier, dans la situation concrète. Elle revendique la subjectivité du point de vue, la temporalité, l'engagement émotionnel actif.

La réalité des objets mathématiques

Les objets mathématiques existent-ils dans un "espace mathématique" ou seulement dans nos têtes ?  D'un côté, affirmer que les objets mathématiques existent absolument semble étrange. Toute chose n'a-t-elle pas sa source dans l'immanence ? Pourtant il existe de bons argument pour s'opposer à une vision "sensualiste" des mathématiques. Ainsi face à l'idée que les nombres ne seraient que l'agrégat de nos expériences, Cassirer (dans "substance et fonction") oppose des arguments forts, et effectivement, on voit mal comment l'édifice entier des mathématiques et sa rigueur pourraient n'être que des intuitions empiriques.

Pourquoi la physique quantique est importante ?

Les lecteurs assidus de ce blog auront remarqué que je fais régulièrement référence à la physique quantique dans mes différents articles, et notamment quand il est question de philosophie de l'esprit. On pourra s'interroger sur le bien fondé de ces références, et même y voir ce que les anglophones appellent du " quantum woo ". Le terme est souvent utilisé afin de rejeter toute invocation de la physique quantique à propos de la conscience, principalement sur la base des arguments suivants : Postuler un rôle de la conscience pour résoudre le problème de la mesure en physique quantique, c'est donner un rôle ontologique particulier à l'être humain ou au cerveau, ce qui est douteux. Comment croire que la lune n'existe pas si personne ne la regarde, ou que le monde n'existait pas avant l'apparition de l'homme ? On ne peut invoquer la physique quantique pour résoudre le problème de la conscience, car les effets quantiques concernent les ...

L'entropie est-elle subjective ?

Nous avons vu précédemment que la logique constituait l'idéal d'un monde de vérités « déjà là » prêtes à être dévoilées. Nous avons vu également que l'utilisation du nombre réel permettait de rendre cette façon de voir idéale compatible avec la réalité d'un monde qui n'est jamais épuisé par nos mesures. Je pense qu'une telle façon de voir les choses est illusoire, qu'elle est une négation de la temporalité : la réalité actuelle se dévoile dans l'immanence de l'expérience mais ne lui pré-existe pas. A l'appui de ceci, nous avons remarqué que la physique moderne discrétise les mesures et réintroduit la temporalité de l'expérience par l'utilisation des probabilités et la contextualité des mesures. Le monde n'est donc plus un puis infini d'informations déjà là, mais un renouvellement permanent. Pour terminer cette série d'articles, je souhaite simplement revenir sur ce qui constitue un lieu commun de la vulgarisation scientifiq...

The Subjective Interpretation of Quantum Physics

Mon article "The Subjective Interpretation of Quantum Physics" a été publié par le journal neuroquantology . Il est également disponible en téléchargement ici .

Nombres réels et probabilités

Nous avons vu dans le billet précédent que l'incertitude et la temporalité inhérente au réel faisait de la logique booléenne un système idéal, propre à la conceptualisation. Il faut donc voir dans la logique un modèle empirique de la réalité. Ainsi les lois logiques seraient non pas "donnée à l'homme par Dieu" comme le croyait Descartes. Elles nous seraient données par notre expérience de la réalité, et plus précisément notre expérience de la pensée en relation au réel. Elles seraient " ce qui marche " dans le cadre de la pensée. On sait d'ailleurs qu'il est possible d'envisager différents systèmes logiques. De plus une approche bayesienne nous permet de généraliser la logique en y voyant, justement, un cas limite de la théorie des probabilités pour lequel les probabilités ne prendrait que les valeurs 0 et 1, et cette approche peut être fondée sur la base de quelques postulats intuitifs de nature épistémiques. On peut même imaginer une génér...