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Présentisme et théorie de la relativité

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McTaggart a introduit les termes de « théorie A » et de « théorie B » à propos de différentes façons de concevoir le temps. Pour la « théorie A » (associée au présentisme), un événement donné possède la propriété d'être présent, passé ou futur de manière absolue. Pour la théorie B (associée à l'éternalisme), passé, présent et futur sont des notions relatives : un événement est passé par rapport à un autre. Ces deux théories rendent donc compte de la même séquence d'événements dans l'univers, ordonnés de la même façon, seulement l'une, contrairement à l'autre, considère que l'actualité, le fait d'être présent, est une propriété importante qui vient s'ajouter à cette séquence tandis que pour l'autre c'est une notion purement relative à l'intérieur de cette séquence. McTaggart argumente en faveur de la théorie B. Affirmer d'un événement futur qu'il n'est pas actuel mais qu'il le sera semble introduire une régression à l...

Matérialisme et idéalisme, réalisme et empirisme, deux vision du monde

Il existe deux façon d'envisager les fondements. L'une prend point de vue de l'ontologie, les fondements du monde : la matière, et l'autre celui de l'épistémologie, les fondements de la connaissance : la conscience. De manière surprenante, chacune peut prétendre être le vrai et seul fondement, englober l'autre, en faire une illusion. Ainsi on peut prétendre, d'un point de vue matérialiste, que la conscience n'est qu'un dérivé de la matière, puisque nous sommes nous même constitués de matière. Y voir une chose irréductible, indépendante du monde matériel, tient de l'illusion, un attachement puérile à notre propre situation (comme on a pu croire que la terre était le centre de l'univers) qu'il faut dépasser. Mais d'un point de vue idéaliste, la matière n'est jamais qu'une représentation, un objet de l'esprit, et c'est s'illusionner que de prendre nos représentations pour la réalité. Ce qui existe vraiment ce n...

La carte des corrélations entre positions philosophiques

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Voilà, je n'ai pas pu m'empêcher de recommencer mes "geekeries"... La lecture de cet article " what do philosophers believe? " qui recense diverses statistiques sur les positions des philosophes sur différents thèmes m'a beaucoup intéressé. Mais ce n'est pas tant la partie sur les positions les mieux représentées qui m'a fasciné que celle qui montre les corrélations entre ces différentes positions. Il m'a semblé qu'il y avait une certaine cohérence dans ces corrélations, ce qui s'est confirmé après avoir griffonné rapidement un petit schéma sur un papier. Le schéma se complexifiant, je suis passé aux outils informatiques (inkscape) pour me faciliter la tâche. Et voilà où tout ça m'a mené : j'ai passé mon samedi à réaliser une jolie infographie représentant les corrélations entre les différentes positions philosophiques, sur laquelle on voit clairement que celles-ci se rangent en deux camps bien séparés. La voici (cliquer pour ...

Obsolescence programmée et asymétrie de l'information

Le débat sur l'obsolescence programmée part sur de mauvaises bases. On ne sait pas de quoi on parle. Qu'est-ce à dire qu'un constructeur diminue délibérément la durée de vie d'un produit pour augmenter son chiffre d'affaire ? On pense évidemment à des cas caricaturaux : l'ajout d'une puce électronique qui signerait artificiellement l'arrêt de mort d'un produit pour nous forcer à en racheter un neuf. Mais bien sûr il est plus intéressant pour le constructeur d'acheter des composants de moins bonne qualité, moins chers, pour diminuer d'autant la durée de vie de son produit en réduisant ses coûts sans recourir à un tel artifice. Alors s'agit-il toujours d'obsolescence programmée ? Si l'on pense que non, alors effectivement, l'obsolescence programmée est un mythe, sauf cas rares. Pourtant au final le résultat est le même... Il y a un aspect fallacieux dans les arguments qui prétendent que l'obsolescence programmée n'exist...

Contre la survenance

On dit d'un état réalisé qu'il survient sur un état de base quand il en dépend entièrement, c'est à dire qu'il ne peut y avoir de différence dans l'état réalisé qui n'ait pour origine une différence de l'état de base. On pourra dire, par exemple, que la température d'un liquide survient sur l'état moléculaire de ce liquide, dans la mesure où toute différence de température a pour origine une différence d'état moléculaire (bien que l'inverse ne soit pas vrai : une différence moléculaire peut être indifférente vis à vis de la température). Il est coutume en philosophie de l'esprit, et notamment pour les physicalistes, de parler de survenance à propos des états mentaux : ces derniers surviendrait sur les états physiques de nos cerveaux. Je pense que c'est une erreur. Il me semble en effet qu'on fait face à un problème. Kim montre qu'un état survenant ne peut être doté d'une causalité propre qui ne se réduise à un pouvoir ca...

Entre réalisme et constructivisme

On peut parler de réalisme scientifique (au sens sémantique) si l'on pense que nos concepts scientifiques dépendent essentiellement de la réalité qu'ils visent. Ainsi je suis réaliste à propos des électrons si je pense que le concept d'électron dépend essentiellement d'éléments de la réalité, ceux dont je parle quand je parle d'électrons (bien sûr il conviendrait de clarifier cette idée de référence sémantique, mais je ne m'étendrait pas la dessus). La position réaliste n'implique pas que les aspects externes aux objets étudiés, par exemple des aspects sociaux ou psychologiques, ne jouent aucun rôle en science. On peut penser, par exemple, que certaines contraintes sociales opèrent une sélection sur les concepts et domaines qu'on juge intéressants ou non d'étudier. Cependant pour le réaliste, ces aspects n'impactent pas de manière essentielle la représentation que nous nous faisons des électrons, ou de tout autre objet théorique, mais seulemen...

Problème moral et introspection -- suite

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Afin de clarifier l' analogie entre le problème moral et le problème de l'introspection que j'évoquais dans l'article précédent, je me suis fendu d'un petit schéma (réalisé avec le logiciel inkscape -- cliquer pour agrandir) : La flèche intitulée « action » exprime la psychologie humienne : être motivé à agir, c'est avoir un désir et une croyance pratique associée à la réalisation de ce désir. Le problème moral tel qu'exprimé par Smith provient du fait qu'une croyance morale semble a elle seule induire une motivation. La solution de Smith est illustrée par la flèche intitulée « ajustement moral » : une croyance morale induit en fait une modification des désirs. La flèche intitulée « perception » exprime le fait que pour fonder une croyance nouvelle sur la base de données sensibles, il faut non seulement un aspect phénoménal associé à ces données, mais aussi une certaine attitude motivationnelle (ne serait-ce qu'une attention portée à l...