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Merleau-Ponty sur la différence entre science et philosophie

Dans "Le visible et l'invisible" : " La philosophie n'est pas science, parce que la science croit pouvoir survoler son objet, tient pour acquise la corrélation du savoir et de l'être, alors que la philosophie est l'ensemble des questions où celui qui questionne est lui-même mis en cause par la question. Mais une physique qui a appris à situer physiquement le physicien, une psychologie qui a appris à situer le psychologue dans le monde socio-historique ont perdu l'illusion du survol absolu : elles ne tolèrent plus seulement, elles imposent l'examen radical de notre appartenance au monde avant toute science. "

L'acacia et la mécanique sociale

J'ai reçu une courrier m'informant de l'abattage planifié d'un acacia juste en face de mon appartement. Le pauvre est victime d'un mauvais champignon qui affecte ses capacités mécanique : il risque, dans un avenir indéterminé, de perdre ses branches sur la voie publique, ce qui pourrait perturber sérieusement la circulation automobile...

Le réalisme structurel

Le réalisme structurel Nous avons vu lors du dernier billet en quoi un examen de la méthode scientifique rend caduque l’idée que les entités de la science existent réellement dans le monde. Tout au plus peut-on considérer les concepts scientifiques comme des “boites” qui nous permettent de classer les phénomènes. Mais les changements de paradigme modifient en profondeur ce qu’on considère ou non être une “boite” digne de ce nom (en physique, par exemple, on est passé du concept de corpuscule à celui de champs, de celui de matière à celui d’énergie), si bien qu’il est délicat d’affirmer que nos concepts d’aujourd’hui ne seront jamais dépassé, et donc, qu'ils correspondent à quoi que ce soit de réel. Pour autant n’a-t-on pas l’impression que la science progresse, qu’elle réduit la part d’arbitraire de notre représentation du monde en éliminant les concepts inadéquats ? N’a-t-on pas l’impression qu’il y a continuité entre les paradigmes se succédant, que dans une certaine mesure,...

Note de lecture - La structure des révolutions scientifiques (T. Kuhn)

Je vous propose une note de lecture du désormais classique “ La structure des révolutions scientifiques ” de Thomas Kuhn, publié en 1962, qui est l’un des ouvrages les plus cité de tous les temps . Cet essai est réputé pour avoir remis en cause l’idée d’un développement linéaire de la science, et incidemment, de manière plus controversée, l’idée que la science s’approche toujours plus de la vérité. Après un bref résumé de la thèse de Kuhn, je reviendrai sur les éléments qui me paraissent importants dans cet ouvrage. J’expliquerai ensuite pourquoi certains me paraissent plus douteux. Enfin j'essaierai de voir en quoi cette thèse peut éclairer le statut particuliers des “sciences pathologiques” (la parapsychologie notamment).

La conscience n'est pas un phénomène physique (2)

Ce billet est un approfondissement d'un autre billet récent . Si la conscience n'est pas un phénomène physique, c'est en fait parce qu'elle n'est pas un phénomène du tout. Un phénomène est quelque chose qui se présente à un sujet conscient. Or la conscience d'un autre ne m’apparaît jamais comme telle. Si je sais (ou si je crois) que l'autre est conscient, c'est, comme le fait remarquer Searle, parce que je transpose sur l'autre ma propre conscience. C'est parce que l'autre me ressemble et que je le conçoit comme un autre moi. C'est donc d'une référence à ma propre conscience qui s'agit, et seule ma propre conscience m’apparaît -- ou plutôt elle est le prérequis de toute apparition. L'autre est analysable, du point de vue des phénomènes, comme rien de plus qu'un ensemble de comportements organisés. A ce titre, la conscience n'est pas un phénomène, mais plutôt une explication des phénomènes : je peux invoquer la co...

Sexe, politique et fatalisme biologique

Avec les affaires récentes ayant trait au sexisme ou aux rapporte entre sexe et politique, les commentateurs publics, inspirés par les sciences de la nature, ont parfois eu recours au fatalisme biologique, ce à des degrés divers. Ce que j’entends par “fatalisme biologique”, c’est la réduction des comportements humains à la biologie, et en particulier à travers des arguments de type darwinien. Le poncif le plus courant à ce sujet est l’explication des différences entre divers traits de caractère des hommes et des femmes par une référence à notre lointain passé de chasseur/cueilleur. L’homme est le chasseur, pourvu d’un excellent sens de l’orientation, celui qui ne parle pas trop pour ne pas effrayer les bêtes, tandis que la femme est une pipelette invétérée dôté d’une grande intuition sociale, parfois appelé intuition féminine, et préfère s’occuper de ses progénitures, nettoyer la caverne et socialiser avec ses congénères. Sans doute fallait-il bien tuer le temps pendant que les hommes ...

Le mythe du bien et du mal

Personne ne veut faire le mal : si l’on agit librement, c’est qu’on pense faire le bien -- ce qui, selon nous, est bien -- c’est pourquoi, quand d’autres y verront le mal, alors on se justifiera. Le voleur ou l’arnaqueur affirmera mériter ce qu’il gagne par sa roublardise, preuve d’intelligence. Il aura donné une leçon de vie au naïf. Qu’importe ce qu’en pense la société : sait-elle plus que quiconque ou est le bien ? Et si l’on fait vraiment le mal, si même on le revendique, c’est que le mal est notre bien. On est un incompris. Tout comme personne ne veut croire le faux, personne ne veut faire le mal, ce qu’il pense être le mal. Mais il nous arrive pourtant de le faire. Le mal est une erreur, c’est la bêtise de l’éthique. La personne mauvaise se trompe sur ce qui est bien tout comme l’idiot sur ce qui est vrai. Tout comme le faux auquel on croit est souvent une vérité trop locale, qu’on a cru vrai partout mais qui ne l’était que d’un point de vue, l’erreur du mal est souvent celle d’u...