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La vaine lubie de "l'ontologie primitive" en physique

Tout d'abord, Erratum. Dans un article récent , j'ai indûment propagé une vision erronée des théories de Bohm, GRWm et GRWf. J'y ai affirmé que GRWm était réaliste à propos de la fonction d'onde (l'interprétant comme une densité de matière) tandis que Bohm et GRWf en avait une interprétation probabiliste. Il aurait été plus juste de dire que chacune de ces trois théories est en un sens forcée d'être réaliste à propos de la fonction d'onde, mais postule des choses supplémentaires, tandis que la façon dont la fonction d'onde elle-même est interprétée (objet ou disposition) est une affaire plus ou moins indépendante. A vrai dire je tend à penser maintenant que GRWm et GRWf sont de pures lubies de philosophe, ces deux théories étant construites pour résoudre des problèmes qui n'existent pas, et j'éviterai simplement à l'avenir de les mentionner comme des alternatives possibles de GRW dans le paysage des solutions au problème de la mesure. Je va...

Indétermination, indéterminisme et réalisme (suite) : le réalisme modal

Dans le dernier billet nous avons évoqué plusieurs façons dont le monde pourrait être métaphysiquement indéterminé (à propos des faits futurs, ou des micro-états de la mécanique quantique), ce qui semble à première vue contredire le réalisme scientifique, du moins compris dans une optique logico-sémantique comme l'affirmation suivant laquelle nos théories, interprétées littéralement, sont vraies. Il semble en effet qu'une telle indétermination viole le principe du tiers-exclu : certains énoncés seraient ni vrais ni faux. Nous avons vu comment différentes interprétations de la mécanique quantique en viennent à sauver le réalisme, que ce soit en complétant la fonction d'onde, ou en l'interprétant de manière non probabiliste, comme décrivant un état finalement déterminé. Mais aucune n'est exempte de difficultés : soit (dans le cas des mondes multiples) elles ne rendent pas vraiment compte de l'aspect probabiliste des prédictions, soit elles se voient obligées de c...

Indétermination, indéterminisme et réalisme en mécanique quantique

On peut concevoir le réalisme scientifique en terme de vérité-correspondance : être réaliste, c'est affirmer que nos théories sont (au moins approximativement) vraies, dans le sens où elles correspondent à une réalité objective, indépendante de nous. C'est la constitution de la réalité qui rend vrai nos théories (et non pas par exemple le fait qu'elles nous permettent d'interagir efficacement avec la réalité, suivant les conceptions pragmatistes de la vérité). Pour ma part j'ai tendance à défendre des conceptions pragmatistes de la vérité. Il est parfois entendu que ce type de conception ne peut vraiment supporter un réalisme. En effet il doit être possible de formuler un énoncé qui n'offre aucun moyen d'interagir avec la réalité, qui ne peut donc, pour le pragmatiste, avoir de valeur de vérité (par exemple le nombre de cheveux sur la tête de Jules César au moment de sa mort) mais qui, pour le réaliste, aura tout de même une valeur de vérité. Il faut différ...

Relativité de l'identité des objets et fonctionnalisme

Dans le billet précédent j'ai défendu une assimilation du relativisme conceptuel (ou moral ou esthétique) et de la relativité en physique, ce qui permettrait de rendre le premier non-problématique : toute la question serait d'élaborer une géométrie conceptuelle (ou morale) permettant de traduire les différents points de vue les uns dans les autres. L'idée est qu'il doit exister un concept-chapeau relatif (comme la vitesse) généralisant des concepts de type "vitesse-pour-x" au sein d'une géométrie des points de vues possibles. Les interprétations relationnelles de la mécanique quantique laissent penser que ce relativisme peut se généraliser à tout état physique, qui serait en fait un "état-pour-x", à ceci près que le passage d'un point de vue à un autre est au mieux probabiliste. J'ai également défendu l'idée que généralement, en physique comme peut-être dans d'autres domaines, la relativité serait locale tandis qu'une objectiv...

Relativisme conceptuel et relativité en physique : même combat ?

On peut parler de relativisme à propos d'un domaine de discours quand on pense que les énoncés de ce domaine sont toujours relatifs à un paramètre (un point de vue épistémique, un référentiel, ...). Par exemple : la télécommande est à droite de la télévision--relativement à mon point de vue la voiture de devant s'éloigne à une vitesse de 20 km/h--relativement à la mienne ces deux événements sont simultanés--relativement à mon référentiel cette particule a une masse M--relativement au référentiel terrestre Mais aussi, pourquoi pas, il est mal de voler--relativement à mon système de valeur moral ce tableau est laid--relativement à mes critères esthétiques les concombres ne sont pas bon--relativement à mes goûts le gouvernement fait une politique excellente--relativement à mon point de vue politique Voire enfin : la terre tourne autour du soleil--relativement à un point de vue copernicien les électrons existent--relativement au point de vue de la science m...

L'arbre de la vie - mise à jour

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C'est les vacances. J'en ai profité pour mettre à jour mon arbre de la vie , notamment avec les différentes périodes d'évolution. Cliquez pour agrandir.

Note de lecture - l'esprit dans un monde physique (Kim)

Ce livre désormais classique de Kim, paru en 1998, constitue une excellente introduction à la philosophie de l'esprit, sous l'angle du problème de réduction du mental au physique et la question de la causalité mentale. Il s'agit en fait de quatre conférences constituées en chapitres. De par l'attention qu'il porte aux problèmes de réduction, il constitue également une excellente ressource pour qui s'intéresse aux problèmes de réduction en science en général. Dans cet article je propose d'en fournir un résumé assez complet (mais qui ne vaut pas le livre, je vous conseille donc de le lire !) puis d'y apporter quelques commentaires sur la manière dont, je pense, il est possible d'échapper à l'argumentation de Kim.