Articles

Pourquoi la physique quantique est importante ?

Les lecteurs assidus de ce blog auront remarqué que je fais régulièrement référence à la physique quantique dans mes différents articles, et notamment quand il est question de philosophie de l'esprit. On pourra s'interroger sur le bien fondé de ces références, et même y voir ce que les anglophones appellent du " quantum woo ". Le terme est souvent utilisé afin de rejeter toute invocation de la physique quantique à propos de la conscience, principalement sur la base des arguments suivants : Postuler un rôle de la conscience pour résoudre le problème de la mesure en physique quantique, c'est donner un rôle ontologique particulier à l'être humain ou au cerveau, ce qui est douteux. Comment croire que la lune n'existe pas si personne ne la regarde, ou que le monde n'existait pas avant l'apparition de l'homme ? On ne peut invoquer la physique quantique pour résoudre le problème de la conscience, car les effets quantiques concernent les ...

L'entropie est-elle subjective ?

Nous avons vu précédemment que la logique constituait l'idéal d'un monde de vérités « déjà là » prêtes à être dévoilées. Nous avons vu également que l'utilisation du nombre réel permettait de rendre cette façon de voir idéale compatible avec la réalité d'un monde qui n'est jamais épuisé par nos mesures. Je pense qu'une telle façon de voir les choses est illusoire, qu'elle est une négation de la temporalité : la réalité actuelle se dévoile dans l'immanence de l'expérience mais ne lui pré-existe pas. A l'appui de ceci, nous avons remarqué que la physique moderne discrétise les mesures et réintroduit la temporalité de l'expérience par l'utilisation des probabilités et la contextualité des mesures. Le monde n'est donc plus un puis infini d'informations déjà là, mais un renouvellement permanent. Pour terminer cette série d'articles, je souhaite simplement revenir sur ce qui constitue un lieu commun de la vulgarisation scientifiq...

The Subjective Interpretation of Quantum Physics

Mon article "The Subjective Interpretation of Quantum Physics" a été publié par le journal neuroquantology . Il est également disponible en téléchargement ici .

Nombres réels et probabilités

Nous avons vu dans le billet précédent que l'incertitude et la temporalité inhérente au réel faisait de la logique booléenne un système idéal, propre à la conceptualisation. Il faut donc voir dans la logique un modèle empirique de la réalité. Ainsi les lois logiques seraient non pas "donnée à l'homme par Dieu" comme le croyait Descartes. Elles nous seraient données par notre expérience de la réalité, et plus précisément notre expérience de la pensée en relation au réel. Elles seraient " ce qui marche " dans le cadre de la pensée. On sait d'ailleurs qu'il est possible d'envisager différents systèmes logiques. De plus une approche bayesienne nous permet de généraliser la logique en y voyant, justement, un cas limite de la théorie des probabilités pour lequel les probabilités ne prendrait que les valeurs 0 et 1, et cette approche peut être fondée sur la base de quelques postulats intuitifs de nature épistémiques. On peut même imaginer une génér...

Dissoudre le paradoxe du menteur dans la temporalité

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Le paradoxe du menteur trouve naturellement sa solution dans la temporalité. Comment quelqu’un peut-il affirmer “cette phrase est fausse” alors qu’il ne l’a pas encore terminée? La proposition contient une référence à elle même, alors qu’elle n’existe pas encore. Celui qui se laisse troubler par le paradoxe du menteur pense -- à tort -- qu’une proposition est une chose existant absolument dans un “espace des propositions” atemporel qu’il est tout loisir de référencer, alors qu’une proposition n’existe jamais que quand elle est pensée et qu’elle ne référence jamais que ce qui a déjà été pensé par le passé et n'évoque le futur qu'à titre d'hypothèse. L’acte signifiant s’inscrit dans la temporalité. Dans ce contexte, la proposition du menteur n'est qu'une illusion d'optique, car au fond, elle ne parle de rien de réel.

Merleau-Ponty sur la différence entre science et philosophie

Dans "Le visible et l'invisible" : " La philosophie n'est pas science, parce que la science croit pouvoir survoler son objet, tient pour acquise la corrélation du savoir et de l'être, alors que la philosophie est l'ensemble des questions où celui qui questionne est lui-même mis en cause par la question. Mais une physique qui a appris à situer physiquement le physicien, une psychologie qui a appris à situer le psychologue dans le monde socio-historique ont perdu l'illusion du survol absolu : elles ne tolèrent plus seulement, elles imposent l'examen radical de notre appartenance au monde avant toute science. "

L'acacia et la mécanique sociale

J'ai reçu une courrier m'informant de l'abattage planifié d'un acacia juste en face de mon appartement. Le pauvre est victime d'un mauvais champignon qui affecte ses capacités mécanique : il risque, dans un avenir indéterminé, de perdre ses branches sur la voie publique, ce qui pourrait perturber sérieusement la circulation automobile...