lundi 28 janvier 2013

L'interprétation d'Everett et la règle de Born

Je me suis un peu intéressé ces derniers jours (à la suite de la lecture de cet article en pre-print) au débat concernant l'interprétation d'Everett de la physique quantique et le problème de la dérivation de la règle de Born qui s'y pose. Je me propose ici de fournir une version aussi vulgarisée que possible de ce débat complexe, ainsi que de faire état de quelques unes de mes réflexions sur le sujet.

dimanche 20 janvier 2013

Commentaire sur "où doit s'arrêter la recherche scientifique"

L'AFIS publie sur son site un très mauvais article « où doit s'arrêter la recherche scientifique ? » qui me semble relever d'une grande confusion entre deux façon d'envisager les limites de la science : en un sens pratique ou en un sens théorique. Dans le premier cas il s'agit de dire que la science ne doit pas franchir les limites d'un certain territoire, sous peine de conséquences néfastes. Dans le second, il s'agit de dire qu'elle ne peut pas les franchir, qu'elle n'en a pas les possibilités (c'est la même différence qu'il peut y avoir entre une limitation de vitesse sur un panneau et une limitation du moteur de ma voiture). Seule la première compréhension de « limite » se veut normative. En confondant les deux, et en prétendant ainsi que certains métaphysiciens ou philosophes voudrait limiter, en pratique, la recherche en physique fondamentale (ce qui à ma connaissance est faux), l'auteure s'attaque à un homme de paille.

samedi 19 janvier 2013

Entre relativisme et absolutisme

A lire certains penseurs, on peut avoir l'impression, à l'occasion, qu'ils posent au départ ce qu'ils comptent nous montrer et qu'ils sont fautif d'un raisonnement circulaire. Ce n'est sans doute pas à tort, mais je ne pense pas qu'il faille leur en tenir rigueur, puisque d'autres penseurs ont pu montrer que ce type de raisonnements circulaires est inhérent à la science même. On peut alors interpréter charitablement ces auteurs (sous couvert d'une certaine ouverture de leur pensée) comme nous proposant un système fondé sur l'intuition, comme en déroulant les conditions de possibilité et en établissant la cohérence, à la manière dont un scientifique pourrait présenter la cohérence d'une nouvelle théorie en regard de nos connaissances passées.

La question se pose de savoir si la circularité de nos représentations entraîne leur incommensurabilité respective. C'est bien là la conclusion que semble en tirer Kuhn : puisque toute théorie est un tout qu'on confronte en bloc au monde, au point que les résultats même des mesures ne peuvent être interprétés qu'à l'aulne de la théorie elle même, aucune théorie n'est finalement commensurable à une autre. A l'extrême nous avons un relativisme complet, qui pourrait nous laisser croire, par exemple, que la pensée orientale est définitivement hors de portée d'un occidental (et inversement). Voilà qui semble un peu fort de café...

Mais l'autre extrême qui consiste à croire qu'il existe quelque part (dans un monde platonicien, sans doute) une représentation définitive et totale du monde, ne vaut, me semble-t-il, pas beaucoup mieux puisqu'elle semble fermer la porte à toute considération éthique, rendant cette dernière insignifiante au moins à terme. En effet, l'ouverture du futur est un prérequis à la liberté, et elle suppose une indétermination inhérente au réel rendant toute représentation nécessairement incomplète. Mais surtout, un futur simplement ouvert et indéterminé, de la même manière pour tous, est tout aussi absurde et incapable de justifier la liberté. Il est un autre prérequis à la liberté qui est l'existence de représentations privées, de déterminations appartenant en propre au sujet libre.

Ce que m'intéresse, donc, c'est la possibilité d'un entre-deux : comment ne pas sombrer dans un relativisme qui rendrait arbitraire toute connaissance, ni dans un absolutisme de la connaissance qui annihilerait la possibilité d'une éthique ? Ces deux extrêmes me semblent tous deux mener à l'absurde, chacun à leur manière, en rendant notre existence impossible (alors qu'à l'évidence, elle l'est !). La solution médiane, le « système », que je propose (à titre d'ébauche) est le contextualisme : l'éthique est possible, mais elle est contextuelle, c'est à dire relative à un point de vue. La connaissance est possible, mais elle est, elle aussi, contextuelle. Nous allons voir en quoi cette position ne se ramène ni à un absolutisme ni à un relativisme.