jeudi 26 avril 2012

Les qualias sont-ils réductibles ?

Pour clore cette série d'articles sur l'irréductibilité de l'expérience qualitative, demandons nous (ce qu'on aurait pu faire au départ) si nos qualia sont réductibles -- non pas de l'extérieur, non pas donc à la physique, mais du point de vue phénoménologique.

Nos perceptions peuvent certainement être analysées en termes de structure relationnelle. Je vois une route, et à droite des immeubles. Les immeubles sont composé d’une juxtaposition verticale d’étages. etc. Du moins c'est possible jusqu’à un certain point, qui semble être le niveau qualitatif fondamental de notre expérience : les couleurs, les sons, les sensations tactiles, les sentiments. La question est donc de savoir si ces éléments qualitatifs, ces noeuds de la structure de notre expérience, pourraient eux-même être analysés exhaustivement en terme de relations.

mercredi 25 avril 2012

Réduction et engagement (3) : une petite théorie des significations

Je m'excuse par avance de l'aspect spéculatif de cet article (qui est bien sûr ouvert à la contradiction).
Il s'agit d'explorer l'hypothèse d'une irréductibilité de nos concepts et significations de haut niveau à des concepts purement physiques, telle qu'exposée dans les deux dernières entrées de ce blog, et d'en dériver toutes les conséquences.

Je pense qu'il est concevable que certaines significations ne soient pas entièrement réductibles à des concepts physiques dans la mesure où elles font référence à des éléments qualitatifs de l'ordre de l'expérience privée. Pourtant difficile de concevoir qu'elles soient totalement indépendante de toute matérialité. Si mes concepts ne se ramenaient à aucune réalité physique, on finirait par se demander d'où ils viennent, sur la base de quoi ils sont apparus. Le monde n'a-t-il pas existé avant l'homme ? Comment croire, alors, que nos idées ne proviennent pas de ce monde matériel ? Il faut donc parvenir à comprendre comme nos significations peuvent à la fois être irréductible à une réalité physique, tout en étant issues originairement d'une réalité physique, c'est à dire comprendre leur émergence, au sens fort du terme.

lundi 23 avril 2012

Réduction et engagement (2) : les scarabées collectifs

Nous nous sommes demandé dans le dernier article si tous nos concepts, tel celui d'amitié, sont au moins en principe scientifiquement réductibles. Il se peut que l'argumentation proposée ait laissé certain sur leur faim, dans la mesure où l'ultime recours est un appel à une expérience privée dont il est dit mais assez peu justifié qu'elle est forcément distincte de ce qu'on peut en dire scientifiquement.
A cet argument on pourrait objecter deux choses.

jeudi 12 avril 2012

Réduction scientifique et engagement individuel

Le réductionnisme consiste à penser que dans le monde, le tout est réductible à un agencement de ses parties. Il est possible de penser tel phénomène comme le résultat d'un agencement de parties, donc on peut nier que le phénomène existe comme un tout au delà du fait qu'on a choisit de le considérer comme tel. Le tout n'existe que dans nos têtes. Suivant cette doctrine, les concepts quels qu'ils soient doivent pouvoir être réduit ultimement à la physique, les propositions quelles qu'elles soient à des propositions physiques.

Il semble qu'une telle hypothèse soit valide à la mesure de mon détachement. Paul et Jean sont amis. A quoi est-ce réductible ? Ils sont souvent ensemble, partagent des activités. Mettons que je rassemble tous les éléments, tous les "faits" qui me font penser qu'ils sont amis, objectivement. Mettons qu'ensuite je réduise ces faits observés à des circonstances s'exprimant en terme d'objets physiques situés dans l'espace (On se rapprochera alors d'une façon de parler qui rappelle la figure stéréotypée des machines en science fiction, parlant d'influx nerveux ou de taux d'hormones plutôt que de sentiments). Voilà donc que j'aurai réduit l'amitié de Paul et de Jean à des éléments physiques, à un énoncé scientifique.

Supposons qu'une telle chose soit possible. A quel point la notion d'amitié risquera-t-elle d'avoir été escamotée pour les besoins de l'objectivité ?