lundi 6 juin 2011

Le vrai

Selon le pragmatisme, ce qui est vrai, c’est ce qui fonctionne. Il ne faut pas y voir une injonction à ne se focaliser que sur l’efficacité, mais une véritable définition du vrai qui vient en contre-pied des approches normalistes.

Naturellement, on voudrait commencer par définir le vrai, puis la croyance ou la certitude comme fonction du vrai. Cependant la croyance ou la certitude peuvent être définis sans l’aide de la notion de vrai de la manière suivante : croire en quelque chose, c’est pouvoir s’appuyer dessus pour agir. La croyance est le support de l’action.

Une croyance qui ne se traduirait pas dans l’action pourrait tout aussi bien ne pas exister, si bien qu’il est légitime de dire que la croyance ne s’exprime que comme appui de l’action. Ainsi on peut définir la personnalité de quelqu’un tantôt comme un ensemble de représentations qui lui sont propres et tantôt comme un ensemble de dispositions à agir (y compris par la parole), mais en réalité les deux se confondent, ils ne peuvent pas réellement être distingués.

Partant de là, il est possible de contourner le problème de l’absence de norme définitive du vrai (car après tout la vie pourrait n’être qu’un rêve) en définissant ce dernier non pas dans l’absolu mais à partir de nos croyances en action. Ma croyance est vraie dans la mesure où les actions qui s’appuient sur elles sont couronnées de succès, où elles ont le résultat attendu. Ma croyance en ressort renforcée. Si à l’inverse ces actions échouent, ma croyance est mise à mal. D’où la maxime du pragmatiste : le vrai, c’est ce qui fonctionne.